dimanche 10 juillet 2016

Petit journal des cimes 14



Tu anticipes sur le jour, guettes, derrière la fenêtre le signe de son arrivée.



Quatre barres de céréales, une pâte d'amande, une gourde d'eau fraîche et le sac jeté sur l'épaule, père et fils s'en vont.
Les chaussures résonnent un peu sur l'asphalte, juste avant de descendre vers le pont de bois.
Le torrent grogne un peu, mugit en ses rapides, et son flot retentit de versant en versant.



Ce n'est qu'un premier jour et nous allons modeste : la montagne est une amie qui sait aussi se faire rebelle.
Le jour glisse peu à peu par dessus les cimes.
Ici et là les marmottes vous accueillent en sifflant.
Rien ne bouge au monde des hommes.













Vu de dessus le pont semble si sûr.
Sa hardiesse qui s'affranchit du vide n'est visible que d'en dessous, et de plus loin...






C'est le retour parmi les humains.
Ils finissent leur nuit et s'étirent à l'heure d'aller se rendormir, à l'ombre des vieux murs.





Seize heure au clocher te tire de tes songes.
Descendre la rue, une boisson sous la tonnelle et la scène qui te tend les bras.
Joue, fils, joue donc et que tes doigts sur les touches noires et blanches s'envolent au-delà des sommets.
Deux accords de guitare plus loin, pour la première fois dans l'accord du père et du fils, nous voici rentrés...


Au loin la rumeur du monde s'enfonce dans ses tragédies, dans ses vociférations sans esprit.

Qu'importe, le pays se tait, et compte les étoiles au ciel de ses rêves...

Grande Serenne, 11 juillet 2016

© Texte & photographies de Xavier Lainé


1 commentaire:

  1. Merci Xavier pour cette belle balade sensible et poétique vers les cimes ! J'ai pris un grand plaisir à t'y rejoindre. De très belles photos !
    Françoise R

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