dimanche 6 mars 2016

Jour de colère





Je suis parti sous un croissant de lune.
Au loin les nuées se déchiraient, sur les dents acérés des cimes enneigées.

J'allais d'un bon pas, hurlant en mon for intérieur toute ma rancoeur de vivre en tel pays qui ne sait voir la beauté à sa porte.
En tel pays qui demeure enfermé quand au dehors luisent lumière de fin d'hiver.

J'allais rageur, ivre de la honte lentement bue, jour après jour.
Vous dormiez derrière vos murailles closes.
Mon âme pleurait de vous proposer petites ouvertures d'esprit quand vous allez sans curiosité aucune, vaquant à vos misérables habitudes.

Les diables qui m'invitent à en faire moins, à m'enfermer à mon tour, laissant la vie s'écouler sans lucidité auraient-ils donc raison ?

J'allais d'un pas rageur, notait les yeux fermés sur les tronc muets, les bouches ouvertes sur la nuit des indifférences.

Le sentier serpentait au fil de l'eau.
Le soleil se mirait aux rangs des blés frêles.
Les vignes gravissaient les pentes.

Ma voix en dedans retrouvait les accents du grand Jacques : « Ma ville s'endormait et j'en oublie le nom... »

Colère bue, délaissais les mots en la traîne des ultimes nuées.











































































© Texte & photographies de Xavier Lainé, tous droits de reproduction réservés.

1 commentaire:

  1. Toujours un grand plaisir de te lire Xavier, et de voyager dans tes images !

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