samedi 31 décembre 2016

2017



Si je devais, malgré tout, formuler quelques vœux, ils seraient résumés dans l'oeuvre ci-jointe de Valérie Néron, jaillie de mes propres mots vieux d'un an...


Retrouvez Valérie ici : http://neova.jimdo.com



samedi 24 décembre 2016

Rêverie





-Tu sais quoi ? J’ai tellement rêvé d’être là, et de regarder au ciel s’envoler les mots du coeur… J’ai tellement marché sans trop savoir… Ma vie d’enfant ne pèse pas grand chose au regard des grands… Ce n’est qu’une vie d’enfant…
- Mais c’est une vie, quand même, une vie !
- Moi j’ai la mienne et tu y mets de la lumière.
- C’est si peu d’aimer !
- C’est tant que moi, l’enfant sauvé, j’ai beaucoup à donner à mon tour, tu sais ?
- Je sais quoi ?
- Non, tu ne peux pas savoir, mais moi, je sens : je suis l’enfant triste et l’enfant gai, l’enfant perdu et retrouvé, l’enfant qui a peur du noir et de grandir, alors sur mon chemin, je disperse les petits cailloux de lumière que tu m’as logés dans le coeur… Tu crois que si je les sème tout au long de ma vie, elle pourrait être plus belle, plus vivante, partout ?
- Je ne sais pas… On tente ?

23 décembre 2016


© Texte & photographie de Xavier Lainé, tous droits réservés

mardi 29 novembre 2016

Nous avons marché







Nous avons marché.
Au fond des gorges obscures s’ouvrait havre secret.

Ici vient le fruit qui se joue des ombres.
Une eau discrète scintille entre les roches.
Parfois elle s’absente et rejaillit plus loin.

Là-haut dans la lumière en autre monde bruit.
Mais c’est une autre histoire.



Manosque, 20 novembre 2016

(c) Texte & photographie de Xavier Lainé, tous droits de reproduction réservés

mardi 22 novembre 2016

Automne







- Alors ?
- Alors tu sais quoi ?
- Non !
- Bé, j’m’en vais attendre…
- Tu vas attendre quoi ?
- J’vais attendre minuit.
- Ha !
- Fais pas ton naïf : c’est juste pour voir !
- Mais pour voir quoi ?
- Pfff ! Tu comprendras jamais rien !
- …







Et puis tôt le matin j’irai
J’irai flâner dans la brume
Chercher sous les feuilles rousses
Un peu de mes souvenirs
Un soupçon paisible
Qui me fasse clin d’yeux


Et puis tôt le matin m’en irai
Cueillir de ces fruits d’automne
De ces couleurs qui me donne
Un peu de vif aux joues
Lorsque le temps se fait
Bien trop maussade


23 octobre 2016


(c) Texte & photographies de Xavier Lainé, tous droits réservés

dimanche 18 septembre 2016

Vers apprendre



Toi que j'ai tenu si petit rescapé des naufrages
Toi dont j'ai pleuré l'absence
Toi dont j'ai béni la résurrection
Lorsque ton sourire me prenait par le bout du cœur
Toi qui ne m'es que confié
Toi qui viens d'un petit bras doux
Me prendre par le cou des sentiments muets




Toi

Te voilà cartable au dos
Doudou caché bien avant les devoirs
Curieux mais sans un mot
Qui parle par delà le verbe
Qui comprends bien avant de dire

Te voilà
Toi
Sur ce chemin

Tortueux chemin dont nous ne savons rien
Tortueux chemin qui nous mène à grandir
Chemin de connaissance et d'oubli
Qui te fera demain homme
A la proue de ton navire
Evitant peut-être les écueils de naissance




Toi

Nous te prenons par la main
Dans l'autre tenant le livre
Et tu viens dans l'aurore
Poser ta tête sur mon épaule
Faisant semblant de lire
Suivant la ligne d'un petit doigt attentif

Toi

Désormais sur le sentiers
Vers apprendre



© Texte & photographie de Xavier Lainé

samedi 20 août 2016

Nuées







T'en vas matin
Parcourir les sentiers
Tandis que nuées
Accompagnent tes pas

A l'orée du jour
Pays vibre
D'ailes frôlées




Poursuivez donc vos rêves
A l'ombre douce
Des haies sombres

T'en vas matin
Découvrir solitaire
Jeux d'ombres et de lumières




© Texte & photographie de Xavier Lainé


dimanche 14 août 2016

Musique des dieux






Un petit endroit
De la taille d'une fourmi




Cuivres et personnages
Se disputent la place





Les mains s'agitent




Et monte la musique des dieux




© Texte & photographies de Xavier Lainé


samedi 6 août 2016

Réveil mutin








Tu suis le même chemin
Tu en connais chaque détour

Toujours quelque chose t'échappe

Ce petit détail
Cet éphémère clin d'oeil
Lancé à l'aube




Tu suis le même chemin
Est-ce toi ou lui
Qui des deux
Est toujours semblable
Toujours différent





Petit clin d'oeil mutin
De la terre au passant
Qui ne sait

Pourtant parfois voit








© Texte & photographies de Xavier Lainé

samedi 30 juillet 2016

Un peu brumeux




En lentes brumes
L'aurore disperse
Nos rêves










© Texte & photographies de Xavier Lainé

samedi 23 juillet 2016

Au rendez-vous des araignées




J'ai suivi le sentier d'après les orages
J'ai suivi les pierres et les feuilles
Les brumes et les lents étirements

De partout montaient les nuées
Ignorantes du dernier sommeil
Qui vous berçait sans mystère

A chaque branche ourlée de nuit
Elles avaient tissé leur toile
En arachnéennes architectures

Le tout est de ne pas tomber
Au piège tendu dans l'aube
Bercée d'avoir trop bu
Au calice du désespoir











© Texte & photographie de Xavier Lainé



dimanche 17 juillet 2016

Petit journal des cimes 19



C'est le dernier acte, pour cette année d'une trop petite semaine loin du monde. Mais le voilà qui se fait si bruyant que sa rumeur monte toujours plus haut.




Cinq heure trente donc, ce vendredi quinze juillet deux-mille seize... Le ciel commence à peine à s'éclaircir, dévoilant les cimes enneigées par le mauvais temps de la veille.
La limite est assez haute. Je réveille mon fils.

Un café, quelques biscuits, nous préparons le sac : barres de céréales, pâtes d'amande, fruits séchés, et de quoi se protéger du vent et du froid...

Six heure, première surprise ! Les portes de la voiture sont collées par le gel et le pare-brise est encroûté d'une épaisse couche de glace !
Nous prenons la route vers Fouillouse...





Six heure trente, le parking au bout du village est presque vide. Le froid vif nous transperce un peu. Nous ajoutons quelques épaisseurs pour arrêter la morsure du froid.
Au-dessus du village encore un peu endormi, le massif du Chambeyron veille. Il a revêtu sa parure d'hiver. Etrange déplacement de saison qui donne au paysage encore plus de majesté.

Nous traversons l'unique route du hameau. Nos pas résonnent dans le petit matin.

Là où la route quitte son vêtement de bitume et devient chemin de terre, un vieil homme marche. Il n'a pas quitté sa robe de chambre ni ses chaussons. Il brandit un appareil photo : « Soixante sept ans que je suis ici ! Hier soir ma femme va à la fenêtre, « il neige, qu'elle me dit » ; et moi, je n'ai pas voulu la croire, alors j'ai regardé, et j'ai vu ce que je n'avais jamais vu un quinze juillet ici. Mais vous êtes au courant de l'attentat à Nice ? » Devant notre mine dépitée, il raconte, sa parole s'envenime, s'avoue vaincue et proche de céder au sirènes du racisme ordinaire. Je tente un instant de revenir à un peu de raison. Il me raconte comment, gamin, alors que l'abbé Pierre était résistant dans le village, il avait vu son grand-père sauver des juifs et des communistes en les cachant sous la paille ; et comment la gestapo est venue plusieurs fois chercher l'aiguille juive et communiste cachée dans les bottes de paille sans jamais rien trouver... C'est au nom de cette mémoire que je l'exhorte à ne point faillir sous la charge incompréhensible d'un monde aux abois.
Il nous laisse partir, l'air envieux de ce que nous allons voir...







Après la dernière maison, le chemin monte abrupt dans les prés. Nous trouvons la neige très vite. Peu à peu, elle s'épaissit. Il nous faut, assez rapidement, au sortir des derniers bosquets de mélèze, former notre trace sur un sentier qui par endroit est recouvert d'épaisses congères.
Nous parvenons sur un épaulement neigeux. Notre regard embrasse un instant les cimes des Houerts et de la Font Sancte, brillantes de mille feux dans le soleil rasant.








La progression se fait plus lente. Un peu plus haut, derrière nous, un troupeau de chamois traverse. Pas le temps d'armer l'appareil, mais un dernier suit que mon objectif saisit comme il peut. Sublime offrande de la nature tandis qu'en bas la rumeur guerrière se poursuit.






Le chemin par endroit est tout juste visible. Les cimes radieuses, tout autour, nous soutiennent de leur impérieuse beauté.
Sur les rochers, juste avant de passer sous l'aplomb d'une falaise, il nous faut casser la glace pour ne pas glisser.
Dans le dernier dièdre permettant l'accès au lac premier et au refuge, nous enfonçons jusqu'aux genoux, tant le vent a rabattu la neige.






Avec le soleil, le refuge nous accueille, sorte de bateau amarré à la rive du lac, dominé par la superbe crête sommitale du Brec de Chambeyron.








Le café, ici, n'a pas le même goût... Sur le zinc de la toiture s'affiche tout un programme... Et puisque la quantité de neige le permettait, les occupants de la nuit ont laissé un petit bonhomme paradoxal en cette saison !








Nous avons atteint notre objectif du jour.
Nous devons amorcer la descente. Avec l'aide du soleil et les nombreux randonneurs montés après nous, le chemin qui nous avait paru si hardi se dessine avec plaisir sous nos pieds.
Où les chamois couraient, des edelweiss surgissent, entre deux fragments de glace. Le stalactites pendent au nez des rochers...








De retour au parking, notre véhicule n'est plus seul. Un ultime regard sur les cimes, c'est avec les choeurs du Requiem de Mozart que nous reprenons la route.




C'était notre dernier jour, nos ultimes mille mètres de dénivelé à gravir. Un baptême des deux milles mètres pour mon fils.
Ce fut un vrai cadeau que la terre nous offrait, dans son immense générosité. Et il lui en faut pour supporter les errements d'une espèce qui ne respecte pas grand chose d'elle ni d'elle-même !

Une journée commencée tôt mais qui restera gravée dans nos rêves pour longtemps.

De retour en ville, dimanche 17 juillet 2016

© Texte & photographies de Xavier Lainé