jeudi 31 décembre 2015

Tu sais quoi ?





Tu sais quoi ?

On pourrait aller voir de l'autre côté, et se raconter plein d'histoires, de belles histoires, pas de ces histoires moches qui font pleurer...

On pourrait aller voir vers la lumière, et puis on serait complices d'autres jours, d'autres rires, d'autres tendresses.

On pourrait s'en aller tous les deux, et distribuer de la tendresse partout et surtout là où elle manque, terriblement.

Tu sais quoi ?

On pourrait même tenir compagnie aux mésanges qui viennent si près de la fenêtre que tes moustaches en frémissent.

Et puis on s'envolerait sur un vol de bisous, rien que pour installer la paix et l'amour sur le trône de l'an...

Ce serait quand même bien beaux moments qu'on pourrait distribuer comme cadeaux, sans rien souhaiter d'autre que de vivre heureux...

Xavier Lainé

29 décembre 2015

vendredi 1 mai 2015

Cherche Premier mai...

Je suis parti, subrepticement, avec intention de chercher le premier mai, non celui défini comme jour férié ou fête du tripalium, donc férié, tant travail, on se demande ce que ça veut dire...

Mon avenue était vide. Mes voisins de la boucherie halal travaillaient, eux, mais ils ne connaissent jamais aucun dimanche, et les jours fériés leur semblent indifférent.

Au bout, tout au bout, on cherchait à se faire trois sous avec deux brins de muguet...

XL photographies – Cherche 1er mai 1

XL Photographies – Cherche 1er mai 2

Devant la porte, une poignée militante maintenait tant bien que mal, derrière le mot égalité, le flambeau des rêves allumé.

XL Photographies – Cherche 1er mai 3

Les rues étaient presque désertes, rideaux tirés, les magasins semblaient en berne de quelque chose. Mais de quoi ?

Peut-être de ce qui nous manque le plus, désormais : de cette vie qui saurait nous faire joyeux, d'une joie vindicative, d'une joie révoltée et revendicative.

Voilà ce qui manque : cet espoir jailli de notre profond désir de vivre et qui semble éteint.
Tant de démons pour souffler sur la flamme, il est vrai !

Dans l'illusion d'avoir le monde à portée d'oreille, de doigts ou de regard, nous perdons même l'idée qu'il serait possible de se voir, de se parler.
Et, lorsque nous marchons, nul besoin de raser les murs puisque nous sommes, par la volonté des abus de pouvoir, dépossédés de tout, y compris de nous-mêmes.

Nous en oublions que rien jamais, en civilisations d'hommes ne s'est fait sans nous.

Premier mai comme autres jours, l'oeil rivé à l'écran de nos irresponsabilités, nous laissons nos villes et nos vies aux marchands pour qu'ils en tirent profit.

Nous en oublions de vivre, de chanter et d'aimer, de danser sur les pavés enfin réchauffés d'un printemps radieux.
Nous en oublions d'être avec nos imaginations, les ferments d'un autre monde.

XL Photographies – Cherche 1er mai 4

J'avançais et mon sang bouillait de cette déjà mort qui hantait les rues.

Parvenu presque à la porte opposée, surgit une voiture de police.
« Puisqu'il n'y a pas de fumée sans feux, il ne peut y avoir de police sans quelque agitation », me dis-je.

Qu'un semblant de vie se profile, et ce monde cherche à en canaliser le cours, à remettre dans la norme ce qui pourrait faire désordre.
Est-ce en cela que ce système est déjà mort, ou en passe de l'être ?

L'art était fermé, lui aussi. Il aurait pu sortir, à défaut de travailler, mais il est, lui aussi, gagné par cette apathie générale, cette fatigue de vivre et de penser, de se penser...

J'avais rêvé un instant d'une jeunesse enflammée, criant et jouant dans les rues, fière de tenir une flamme d'avenir contre les vieux que nous devenons un peu plus chaque jour.

Rien n'est venu, sinon l'ordre bien propre d'une ville endormie, une ville « sans histoire » comme la revendiquent certains.
Et à force de vivre sans, un jour elle s'éteindra sans que nul ne pense même qu'elle pût encore exister...

Je remarquais le sens de la marche : nul n'allait vers où s'entendait vibrant discours...
Mais peut-être est-ce une clef ?
Apprendre à détourner le fil, sortir des discours convenus pour surprendre...

XL photographies – Cherche 1er mai 5

J'arrivais sur la place d'où provenait une voix amplifiée. Elle résonnait entre les murs.
La terrasse du café était quasiment vide. La fontaine même avait interrompu son flot.

Derrière les jardinières et les fers forgés, quelques drapeaux s'élevaient, timides et réservés...

XL Photographies – Cherche 1er mai 6

Si peu de convaincus qui n'arrivaient à convaincre qu'eux-mêmes et qui, dans la marge disaient leur déconvenue de voir leurs rangs, d'une année sur l'autre, s'étioler toujours plus...

Quelque chose est donc grippé en ce pays que peu à peu, l'esprit enluminé se meurt ?

Quelque chose s'est perdu que les discours veulent meubler, pour ne pas sombrer au silence mortel.

XL Photographies – Cherche 1er mai 7

Nul ne semblait prêter attention au délabrement d'un panneau : comme si le siècle passé devait tomber en ruine, sans que nul ne songe à en arrêter l'effondrement.

XL Photographies – Cherche 1er mai 8

La vie elle-même ici se trouve grippée.
On reproduit à l'identique ce qui se fait depuis toujours.
La vie poursuit son cours ailleurs, si belle proie entre les griffes du commerce !

De la multiplicité des syndicats, n'en était plus qu'un à tenir le flambeau, et la rouille coulait des uns vers les autres, envahissait les esprits et empesait les cœurs.

XL Photographies – Cherche 1er mai 9

Ce qui rouille le plus est de croire dur comme fer en une raison qui ne trouve aucune résonance.

Ce qui rouille le plus et se dégrade, c'est la vie, si nous ne réapprenons à nous en occuper, dans la joie de construire un autre monde, sans attendre...

2 mai 2015


© Texte et photographies de Xavier Lainé, tous droits de reproduction réservés

vendredi 3 avril 2015

Lumières vacillantes



© Lumières à ma fenêtre – Photographie de Xavier Lainé, tous droits réservés


Au crépuscule des jours
Les mots s'échappent
De ma fenêtre closes
En lumières vacillantes





© Texte et photographie de Xavier Lainé, tous droits réservés

Cimes blanches et nues



© Mon pays vers les cimes – photographie de Xavier Lainé, tous droits réservés



Mon pays guide ses rêves
Vers les cimes blanches
Et nues dans l'azur délicat
Où l'hiver traîne nos âmes





© Texte et photographie de Xavier Lainé, tous droits réservés