samedi 7 juillet 2012

La folie Espigoule


Il n’est rien sur la carte de plus insignifiant qu’un non lieu.
Et pourtant c’est par là :


(Espigoule c’est par là : Photographie de X Lainé, tous droits réservés)


Un non lieu se définit par les murs qu’il abandonne au marteau pilleur des idées folles.
Folles herbes poussées entre les pavés, Ruines éparses en montée de collines.
Ici, on décline le mur à tous les tons, et on mouille la chemise pour créer l’événement.






 (Faites le mur : Photographies de X Lainé, tous droits réservés)



L’art s’épanche au grand soleil et cherche l’ombre sous les grands platanes.
C’est une autre musique qui se compose sur le mur noir de nos envies.




(L’art est libre : Photographies de X Lainé, tous droits réservés)




L’art se proclame au bout du pinceau en beautés épanouies  aux mille soleils des utopies.









(Au bout du pinceau : Photographies de X Lainé, tous droits réservés)






Le diable de la musique a si bien saisi la scène, que même les cigales, stupéfaites, s’en taisent.






  (Place à la musique : Photographie de X Lainé, tous droits réservés)



Mais voilà qu’au dessus ou à côté la petite vie ordinaire s’arrange de cette poussée de fièvre.




(Juste à côté : Photographies de X Lainé, tous droits réservés)


 Au camping du provisoire sont les restes d’un monde déchu.





(L’image sans le texte : Photographies de X Lainé, tous droits réservés)






L’horloge marque l’heure dans un ciel torride, mais tout le monde s’en moque : la vie est bien plus libre que les heures.



(La marque du temps : Photographie de X Lainé, tous droits réservés)







Tout le monde le sait, ici ce qui compte c’est la tchatche, ces mots bouillonnants qu’on échange et qui éclatent au soleil en Vésuve de poésie.
Les mots circulent et s’envolent, les images, elles, demeurent.






(La tchatche : Photographies de X Lainé, tous droits réservés)



Espigoule était un rêve, et le reste, pas grand chose.
Espigoule reste un non lieu, une grâce suspendue dans l’ardeur solaire d’un été de passage.
Ils ont décidé que non, au risque de l’amertume, il n’y aurait pas de suite, faute de…
Faute de quoi, au fait ?
Mais peut-être seulement, justement pour ne pas rester stationnaire, justement, dans un monde qui n’a jamais si peu évolué. 









(Jamais du t’arrêtes : Photographie de X Lainé, tous droits réservés)


Espigoule c’est fini.
Reste Espigoule et sa rumeur, une place où à l’art condamné sur l’autel des marchands, s’oppose un non-lieu d’images et de paroles légères comme l’air, comme l’eau.
C’est peut-être un peu de tout ça, la folie Espigoule.















Texte et images de Xavier Lainé


Manosque, 8 juillet 2012






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