jeudi 12 juillet 2012

Coutils et organdis




Ce sera d’abord comme un lieu de perdition
Naviguant en allées sans but
Tu vogueras à la surface
Chercheras en vain où accrocher tes yeux

Et tout commencera par ce chaos












 Il y aura une vie
Puis la couleur viendra
Seule
Au chatoiement d’un temps révolu

Car plus rien à coudre pour les doigts devenus gourds
L’imagination en berne
Te reste à fixer à jamais
Ce qui est
Et ne sera plus








De l’uni-teinte
Tu viendras en l’or
Chercher quelque trésor

Une indienne ici
Se mêle aux taffetas

Plus loin la toile
Attend son coup de ciseau

Dans cet enfer
Chacun vaque à sa couture








 Point assez d’yeux pour les organdis
Riches étoffes enluminées

Un soupçon de couleur dans un bain de blanc

Te voilà transporté en d’autres temps








De fil en aiguille
De rubans en guirlandes
Les couleurs s’accommodent

Elles se font habillage
D’intérieurs
Déshabillés
En invitation de fête

Voilà
Que batiste
Se joint à calicot
Que coton et coutil
Se mêlent aux madras

Une symphonie se compose
Entre dentelles et organdis
Nids d’abeille et popelines

De ce concert vient un parfum
De nuits des temps
Une musique de haute couture
Pour le seul plaisir des yeux















Manosque, 12 juillet 2012

Texte et photographies de Xavier Lainé, tous droits réservés

Un grand merci aux tissus Grégoire, de Saint Saturnin les Avignon, qui m’ont autorisé ces quelques prises de vue.








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